

Le stress, la fatigue cognitive, voire la surdité, figurent parmi les conséquences du bruit au travail. La nuisance sonore extrême entrave la santé du salarié et se répercute sur la qualité de son travail. Il incombe à l’employeur de trouver les meilleures solutions visant à limiter le niveau sonore d’exposition.
Certes, la surdité extrême met un certain temps pour s’installer. Il n’empêche que la nuisance sonore sur le lieu de travail se répercute sur l’ensemble du corps. Les effets varient en fonction du niveau sonore et de la durée d’exposition. À partir de 80 dB (A), les risques de vertiges, de nervosité, de pertes d’équilibre, d’irritation, d’acouphènes sont à craindre. À tout cela s’ajoutent les troubles sensoriels, les tremblements des mains, des troubles cardiaques et/ou respiratoires.
Outre les effets sur l’organisme, les difficultés auditives provoquent l’isolement. L’individu doit faire davantage d’efforts pour comprendre une conversation, d’où la gêne, l’état de fatigue, la nervosité et in fine le repli sur soi. Attention, le bruit sur le lieu de travail peut couvrir les signaux d’avertissement d’un danger imminent, entraînant un accident si le travailleur est distrait.
Techniquement, les effets du bruit dépendent généralement du niveau sonore et de la durée d’exposition. Il convient donc de mesurer le niveau de nuisance en termes de décibels (dB). Ainsi, le seuil de l’audition humaine est de 0 dB. Il est également d’usage de mesurer la fréquence du bruit, qui équivaut à la hauteur du son. Une fréquence élevée correspond à un son aigu. Dans ce cas, l’unité utilisée est le Hertz ou Hz. Un problème de bruit sur le lieu de travail est caractérisé par une ambiance bruyante qui requiert d’élever la voix pour pouvoir tenir une conversation.
Le contrôle du bruit requiert une identification des postes de travail qui émettent des sons de plus de 80 dB (A). Les mesures de protection des travailleurs sont stipulées dans les articles R4431 et R4437 du Code du travail. Le port de PICB (Protecteurs individuels contre le bruit) est vivement recommandé à partir de 80 dB (A). Cette recommandation se transforme en obligation à compter de 85 dB (A). La valeur limite d’exposition (VLE) est de 87 dB (A). D’ailleurs, la nuisance sonore au travail est évaluée de différentes manières : le mesurage ponctuel, le mesurage en continu, la cartographie, le document unique.
Les stratégies de réduction du bruit sur le lieu de travail impliquent des solutions de correction acoustique des locaux. Ainsi, les avantages d’un mur antibruit s’avèrent très appréciables, avec pour objectif : la diminution de la propagation directe de la nuisance sonore à l’intérieur des bureaux, des usines, des entrepôts.
Par ailleurs, les technologies antibruits facilitent la communication entre les employés afin de prévenir les nuisances sonores au travail. C’est le cas notamment du microphone ou encore du micro antibruit qui captent facilement la voix. La technologie ANC antibruit (Active noise control) cadre parfaitement avec la stratégie de réduction du bruit sur le lieu de travail. Les moyens mis en œuvre suppriment pratiquement la nuisance sonore de manière active. Grâce aux innovations, il s’avère possible d’annihiler les sons de basse ou de fréquences régulières.
Le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP) répertorie les risques professionnels qu’encourent les salariés. Il incombe aux responsables d’adopter des mesures visant à réduire le bruit à la source et à sensibiliser les employés sur les enjeux de la protection de leur audition.
Les dispositifs de correction acoustique des locaux doivent être combinés avec des mesures de protection des machines. Les poses de capots et de silencieux au niveau des échappements d’air comprimé sont recommandées. L’idéal serait bien évidemment d’acquérir des équipements peu bruyants.

Les solutions de réduction du bruit sur le lieu de travail sont systématiquement accompagnées de protections auditives individuelles : bouchons d’oreilles, casques… L’absence de protections auditives engendre entre autres une affection, voire la surdité professionnelle. La surdité traumatique est aussi évoquée lorsque des cellules auditives de l’oreille interne subissent des dommages. Dans ce cas de figure, l’opération ou l’appareillage ne sont pas envisageables.
Les brochures éditées par l’INRS mettent en avant la problématique du bruit. Les contenus incluent les définitions pertinentes, les risques qu’encourent les salariés, le niveau d’exposition des travailleurs. Ils renseignent surtout sur le contexte réglementaire de rigueur, les démarches de prévention. En sus, vous avez la possibilité de vous référer aux travaux de l’INRS ainsi qu’aux études de cas.
